De retour d'une série de dégustations en Rhône Alpes, avec de très belles rencontres au fil de la route. Les kilomètres avalés, c'est empli d'espoir que je retourne à la terre. Les vins ont pas mal plu semble t'il. Quelques déceptions bien sur, car parfois on tombe à côté de la plaque, face à un caviste qui n'attend pas du tout ce type de produit.Mais de bonnes surprise! Voir un professionnel encore s'émerveiller d'une trouvaille qu'il est en train de faire, je vous le dit franchement, c'est un grand kif! Et suffisamment rare pour être apprécié à sa juste valeur... Bergerac surprend encore, et c'est bon signe...
Nos terres restent encore trop confidentielles dans les présentoirs, entre un léger snobisme anti merlot/cabernet, un désintérêt grandissant pour les bordelais, et un vague souvenir du BERGERAC à 1,60€ la bouteille, tout en bas, là oui voilà, entre la villageoise et le VDP hérault, avec une belle grappe dessinée à l'aquarelle sur l'étiquette. Bref, lorsque l'on passe le pas de la porte d'un caviste d'une contrée lointaine, c'est lourd de tout ce poids que l'on défend, tête haute et buste en avant, notre beau Périgord natal. Peur de rien! Et là, quand la magie s'opère, le plaisir n'en est que plus grand!
Pour allier l'utile à l'agréable, j'ai poussé un peu la route , derrière la dernière belle rencontre de La nature du vin à St Julien en Genevois , et j'ai fini par arriver chez mon copain Alexandre Delétraz, dans sa Cave des Amandiers, à Fully, dans le Valais Suisse. Un vrai bonheur de voir ce bonhomme aussi droit que ses vins, qui je l'espère très prochainement, seront distribués en France. Goutés: les Petites Harvines, les Amignes, Humagnes et Syrah. Il y a quelque chose de grand chez ce bonhomme, quelque chose de tout a fait particulier dans ses vins, une sorte de classe internationale qu'on pourrait sortir en picnic, tranquilou, sur quelques belles cochonailles. Et pourtant, on imagine tout autant ses vins sur les plus belles tables du guide rouge. C'est peut être ça la grandeur ultime...
Passage le samedi à Courchevel, oui messieurs dames, voir les copains d'enfance qui se faisaient une petite session de ski. Incroyable lieu, une vitrine du déballage de tunes, une architecture incroyable, franchement on peut dire ce qu'on veut, avec de l'argent on fait de belles choses...! La langue russe est la langue officielle sur les pistes. Tiens Bernard Magrez y a son magasin, le "comptoir des grands crus". Non vraiment, je ne regrette pas, c'est à voir, au moins une fois, parce que de toute façon, il n'y aura pas d'autres occasions! Et le défilé d'hélicos...Bon j'arrete... mais le déballage de moyens, en direct live, je trouve que ça nous infantilise, on est comme des gosses à regarder l'hélico décoller, le hummer limousine se garer, le palace s'ouvrir avec un portier déguisé. On a l'air con!
Retour à la terre.Aujourd'hui, arrachage de la première parcelle concernée, des Merlots de 1968. Oh nous aurions pu la garder encore 20, peut être 30 ans. Les pieds sont en pleine forme.L'enracinement file droit vers la roche mère, peu ou pas de racines en surface. Mais la densité (le nombre de plants à l'hectare) est trop faible pour espérer d'une part être rentable, et d'autre part avoir des vins de grande qualité. Planté dans les années 70, à l'ère de la mécanisation à outrance, de la chimie des sols, on a fait croire aux vignerons qu'ils pourraient travailler moins (mécaniser) produire autant (avec le tracteur, tu met de petites billes blanches N-P-K azote phosphate potassium) avec moins de pieds de vigne, et faire aussi bon et même mieux (l'oenologie moderne est arrivée). Ainsi, à la lumière des connaissances agronomiques de l'homme de 2011, nous revenons à des pratiques plus "logiques", et ainsi demander moins à chaque pied, pour qu'il produise mieux.
Nous laisserons la terre reposer quelques 6 à 8 ans, afin de se protéger contre les éventuels pourrissements du système racinaire resté dans le sol. Celà provoque alors des "pourridiés", une mort des ceps par l'attaque de leur système racinaire par l'Armillaria, un méchant qui vit dans les entrailles des parcelles.
Nous avons reçu un mail de Sandra Vanessa Liegeois, une photographe très douée qui passe souvent à la maison pour nous prendre en photo.Oui, nous! Public. Nous sommes si beau qu'on nous prend en photo. Non, Sandra fait un travail sur la paysannerie "propre" (comprendre affilié bio je crois) , et par suite de contact d'ami de l'oncle à la belle soeur du cousin d'un copain, là voilà arrivée jusqu'à Lestignac.
Vous pouvez la féliciter dans les commentaires, lui dire que c'est nul, que depuis on a inventé la couleur, ou que d'abord un paysan ça écrit pas sur Internet.
@ bientôt//
Mathias
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